Fondation du doute Ben&Fluxus à Blois

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[Ren]contres | Pour cause d'interférences - 3 jours d'exploration radiophonique

Fondation du doute | Ecole d'Art de Blois/Agglopolys

  • Du 26/09/2018 au 28/09/2018

    Tous les jours à partir de 14h


Quand il y a du bruit de fond ou des parasites dans le poste, ce n'est pas nécessairement que quelque chose va mal ! C'est le signe rassurant que les médias sont autant faillibles qu'accessibles. Pour cause d'interférences, nous faisons un pas de côté dans le son. Pour cause d'interférences, notre écoute prend du recul. Pour cause d'interférences, nous avons le plaisir de vous présenter... Pour cause d'interférences ! La Fondation du doute et l'École d'art de Blois/Agglopolys ont donné carte blanche à la revue Syntone, en coopération avec Studio Zef et l'École de la nature et du paysage, pour trois journées d'exploration radiophonique et trois approches sonores et critiques de ce qui fait interférence aujourd'hui.

Entrée libre

Mercredi 26 septembre : La fiction comme interférence

14h – 15h30 : atelier d’écoute critique

Et si nous considérions l’écoute comme une pratique en tant que telle ? Et si nous prenions le temps de décortiquer une création sonore, comme on le fait plus couramment d’un texte ou d’une image ? Initiation à l’écoute critique à travers l’analyse de L’escamoteur de Cabiria Chomel (ACSR, 2016). Un atelier animé par Juliette Volcler.


war of the worlds war of the worlds |Illustration by Alvin Corréa from the 1906 French edition of H.G Wells


16h30 – 17h45 : conférence « Petite histoire des faux-semblants radiophoniques »

Quand la fiction fait l'évènement en passant pour le réel : des faux reportages des années 1920 aux prolifiques docufictions des années 2010, panorama historique des faux-semblants radiophoniques à travers une sélection commentée de 5 pièces représentatives du genre. Une conférence de Juliette Volcler, adaptée de son feuilleton publié par la revue de l’Écoute de Syntone.
http://syntone.fr/dossiers/faux-semblants/

 

18h   restitution de l'Atelier « Rumeurs sur la ville »

« Ils vont construire un nouveau palais, ils vont raser un quartier entier, ils vont multiplier les ponts au-dessus de la mer, qui sont-ils, ces invisibles qui décident de l’avenir de la ville ? Que préparent-ils dans les arcanes invisibles de leurs bureaux dorés ? » À partir d’un projet urbain inventé, qui s’inspire de délires architecturaux ayant existé dans les bureaux de la ville et dont les traces sont encore visibles dans les archives, les les élèves de l’école du paysage ont parcouru la ville et interrogé les habitant·es avec sérieux : « il paraît que… » Dans un second temps, à partir du matériel sonore collecté et de la voix des habitant·es, les élèves ont recomposé une rumeur volontairement fausse, mais qui semble vraie. On pourrait finir par y croire… Un atelier animé par Lolita Voisin, enseignante de l'École de la Nature et du Paysage de Blois.

 

19h – 20h30 : table-ronde « Le faux en radio, outil de création et d’esprit critique »

Le débat autour des fake news a abouti à une institutionnalisation de ce qui relèverait objectivement du vrai, à promouvoir, et du faux, à bannir. Mais l’histoire et l’actualité de la création sonore viennent chambouler ces catégories aussi simplistes qu’autoritaires, démontrant que le faux peut devenir un moyen précieux – voire indispensable – non seulement pour produire une radio inventive, mais pour éveiller une écoute critique. Discussion avec May Quetboa, archiviste sonore et productrice d’un podcast de reconstitutions historiques ; Christophe Deleu, auteur de docufictions et historien du documentaire radiophonique ; et Olivier Minot, producteur de satires radiophoniques pour la Megacombi de Radio Canut et auteur pour Arte Radio et Les Pieds sur terre (France Culture). Modération par Juliette Volcler.

 


Jeudi 27 septembre : Les contre-discours comme interférence


14h – 15h30 : visite de la collection Fluxus

Visite thématique « Le son et Fluxus » dans les collections permanentes de la Fondation du doute, par Marion Louis, médiatrice culturelle.


16h30 – 18h : rencontre avec Radio Mulot

Radio Mulot est une expérience radiophonique clandestine, aussi connue sous le nom de France Museau, née à Paris en 1997 puis grandie dans une autre ville d'Europe jusqu'à aujourd'hui. Au sein du paysage médiatique policé et légalisé, Radio Mulot est unique « dans sa manière d’imbriquer totalement le fond et la forme, au point de devenir un objet d’art à part entière, à écouter comme tel, pour ce qu’il est » (Henri Landré, programmateur musical de Jet FM). Avec son principal animateur, nous découvrirons l'art et la manière de concevoir un flux sonore et d'infiltrer un territoire.
http://fieldmice.free.fr/mulot.htm
http://fieldmice.free.fr/call_fire_emergency/

 

18h30 – 20h : rencontre avec Le Bruitagène

La création sonore engagée, ce serait quoi ? En tout cas, le collectif nantais Le Bruitagène, lui, est véritablement engagé dans la création sonore. À tendance documentaire (mais pas que), les créations du Bruitagène sont diffusées sur de nombreuses antennes associatives francophones, ainsi que sur la RTBF (Belgique) et la RTS (Suisse). Parallèlement à ses créations, Le Bruitagène organise des séances d’écoute publiques et porte la résidence Utopie Sonore depuis 2016, un repaire estival pour la création collective et la transmission de savoir-faire. Rencontre-écoute avec Anaïs Denaux et Aude Rabillon, membres du collectif, sur ce que représente de mener sur du temps long un média sonore et créatif, à têtes chercheuses multiples.
http://www.lebruitagene.info/
http://www.utopiesonore.com/

 


Vendredi 28 septembre : La matière sonore comme interférence


14h – 17h : atelier de pratiques radiophoniques informelles, par le collectif Π-node

Π-node est une plate-forme expérimentale de développement de formats hybrides de la radio entre les réseaux et la FM. Grâce à l’interconnexion d’approches, d’outils, de technologies et de réseaux différents, une structure de radiodiffusion décentralisée est créée, où chacune des nodes du réseau créé est à la fois à la réception et à la transmission. Une telle structure essaie de rompre avec le schéma classique qui est un schéma unidirectionnel, en lui substituant un modèle horizontal peer-to-peer. Π-node explore les multiples dimensions de la radio – sa physicalité (éther, ondes radio et spectre électromagnétique), sa spatialité (largeur de bande, fréquences), son infrastructure (réseau de récepteurs / émetteurs radio), ses méthodes de production et de diffusion (RDS / SDR), son histoire (radios libres et mouvements de la radio pirate) et sa législation. Plus important encore, Π-node explore les formes à venir et les potentiels persistants de la radio au temps du tout numérique.
http://p-node.org/

 

17h30 – 19h30 : rencontre Usages et détournements des ondes

Rencontre avec les artistes DinahBird, Nicolas Montgermont, animée par Nicolas Horber (Π-node), et performance vidéo en différée de Tetsuo Kogawa.


DinahBird est une artiste de son et de radio qui vit et travaille à Paris. Ses intérêts actuels comprennent les conditions météorologiques anciennes, les médias morts, l'aéronautique et les transactions à haute fréquence. Ses oeuvres ont été jouées sur BBCRadio4, l'Atelier de Création Radiophonique de France Culture, Resonance FM, Kunst Radio, et à travers le réseau Radia, et ont été présentés dans des festivals de radio dans plus de vingt-cinq pays à travers le monde.
Son projet Antenna Gods, conçu avec Jean-Philippe Renoult, est un road trip sonore et photographique sur le chemin des technologies de communications hertziennes d’hier (antennes micro-ondes, tours et mâts d'antennes géantes), devenues le meilleur outil de transmission du trading à haute fréquence.
http://bird-renoult.net/antenna-gods/


Nicolas Montgermont explore la physicalité des ondes sous ses différentes formes. Il s'intéresse à la réalité des ondes dans l'espace, à la manière dont elles se déplacent et se transforment, aux liens entre une source et notre perception. Il travaille les ondes sonores à travers les vibrations des matériaux et leurs propagations, les ondes électromagnétiques naturelles et artificielles sous la forme de paysages radios, les énergies gravitationnelles et sidérales à travers le double prisme de l’astronomie et de l’astrologie.
Son projet Radioscape : Besseuil présente des enregistrements radios réalisés dans une petite ferme à Besseuil, dans la campagne bourguignonne. La quasi totalité du spectre radio y a été enregistrée méthodiquement pendant deux semaines et assemblée en un seul son. Écouter cette pièce sonore, c'est traverser les ondes de 3GHz à 30 kHz. Les fréquences se succèdent comme sur un poste radio dont on tournerait lentement le bouton : on parcourt l'une après l'autre les ondes Wi-Fi, les téléphones portables, les raies d'hydrogène observées en astronomie, les échanges satellites, les communications militaires et aéronautiques, les radios FM et AM, les résidus d'orages composées temporellement par la position qu'elles occupent dans le spectre.
https://nimon.org/radioscapes


Selon ses propres mots, Tetsuo Kogawa « vit dans l'ionosphère, la nuit, en pensant, en marchant et en mangeant végétarien. » Tetsuo Kogawa est surtout connu pour être un des instigateurs du mouvement des radios libres au Japon au début des années 1980, appelé « mouvement Mini-FM » du fait de la technologie d'émission à très faible distance qui était alors employée. Dans l'esprit du concept de « micropolitique » de Félix Guattari, Kogawa a développé une réflexion théorique et une pratique d'artiste basée sur la fabrication de micro-émetteurs radio à l'échelle de l'unité humaine. Depuis de longues années, il s'emploie à diffuse ce savoir-faire par ses écrits et ses workshops et à employer ses dispositifs comme instruments de performance. Il nous propose sa compréhension et son ressenti actuels des phénomènes non-linéaires créés par ses émetteurs simplifiés.
https://anarchy.translocal.jp/about.html
http://syntone.fr/tetsuo-kogawa-une-experience-radiophonique-1-2/

 

20h – ... : Open Studio !

Restitution de l'atelier de pratiques radiophoniques informelles, performance collective et improvisée, bouquet final de Pour cause d'interférences et micro ouvert !

 

En parallèle / En continu durant les 3 jours

À l'occasion des rencontres "Pour cause d'interférences" la radio locale blésoise Studio Zef diffusera en direct de la Fondation du doute et un programme spéciale en off sur ses ondes.
Pour suivre les programmes en direct : Sur les ondes : 91.10 mhz | En streaming : www.studiozef.fr

Pour découvrir la revue Syntone

« Syntone, à travers son site internet et sa déclinaison imprimée La revue de l'Écoute, est un projet éditorial dédié aux modes originaux d’expression sonore. Notre objectif est de donner une visibilité et une légitimité aux domaines artistiques du son. D'une part, nous désirons les faire reconnaître comme art ou médium à part entière – au même titre que le cinéma, la musique, le théâtre, la littérature, etc. D’autre part, nous voulons proposer des outils d’analyse pour développer l'écoute critique. À travers nos articles, nous mettons en lumière des projets où le son est un vecteur original pour parler du monde et de la société. Nous explorons également des thématiques sociales, politiques, philosophiques, écologiques, sous le prisme de l’écoute. En 2018, nous fêtons nos 10 ans d'existence à travers 10 rendez-vous dans toute la France et en Belgique. La Fondation du doute et l'École d'art de Blois nous ont invité·es à imaginer une programmation dans leurs murs et, ensemble, nous avons imaginé Pour cause d'interférences, le huitième et le plus élaboré des rendez-vous de nos 10 ans. Pour nous, l'opportunité de concevoir et vivre un tel événement est une grande chance qui nous permet de prolonger nos réflexions, tester des formes et faire de nouvelles rencontres tant avec des artistes qu'avec le public.» http://syntone.fr

 

 

POUR TÉLÉCHARGER LE PROGRAMME COMPLET CLIQUEZ




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